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	<title>Arènes Humanitaires Archives - Mon site web personnel</title>
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		<title>Que sait-on de l&#8217;ultimatum de 10 jours enjoignant les Banyamulenge à quitter la ville d&#8217;Uvira sous peine d&#8217;être exterminés ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Josaphat Musamba]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Nov 2025 19:19:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arènes Humanitaires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Introduction En septembre 2025, les réseaux sociaux ont été inondés de publications dénonçant un ultimatum de dix jours visant les Banyamulenge à Uvira. Ces alertes sont liées à une audio partagée dans de nombreux groupes WhatsApp, tant pro-MRDP/Twirwaneho que pro-AFC/M23, ainsi que dans des groupes de communautés locales. Des médias pro-MRDP/Twirwaneho et AFC/M23, des Belgo-Congolais, une ancienne réfugiée originaire de l’ex-Yougoslavie, naturalisée française, et certains Belges engagés dans cette question ont largement relayé l&#8217;information. Cette question a été prise en compte par des acteurs politiques, notamment Me Moïse Nyarugabo, qui développait précédemment ses inquiétudes sur l’extermination des Banyamulenge dans une conférence de presse à Goma, qui se sont élevées contre ce qu&#8217;ils qualifient de plan d&#8217;extermination de leurs frères. Pour clore, les Rwandais et des médias proches du pouvoir dans ce pays se sont lancés dans ces débats sans apporter la moindre preuve concernant l&#8217;auteur de l&#8217;audio et du message dangereux incitant à chasser les Tutsis Banyamulenge de la ville d&#8217;Uvira. Or, la ville d&#8217;Uvira venait de vivre une période de tension prolongée, liée à la contestation de la réaffectation à son poste d&#8217;un officier congolais de la communauté banyamulenge dans la 33e région militaire. Comment expliquer que le plan d&#8217;extermination n&#8217;ait pas pu être mis en œuvre deux mois plus tard ? Cette réflexion poursuit deux objectifs. Le premier est d&#8217;expliquer les faits contradictoires relatifs à la manipulation de l&#8217;opinion internationale, nationale et locale par rapport aux risques de diffusion de fausses informations et à leurs impacts sur les rapports entre les communautés ; le second est d&#8217;apporter les versions les moins documentées de la perception des communautés présentées comme exterminatrices des Banyamulenge dans la ville d&#8217;Uvira. Il se concentre sur quelques points en marge de l’introduction et de la conclusion (qui présente un tableau de la situation actuelle à Uvira). Le premier point analyse le feuilleton sur Olivier Gasita, le deuxième discute des idéologies à l&#8217;origine de la conflictualité entre les groupes ethniques, et le troisième souligne les traces de la manipulation par les marketeurs de la violence. Feuilleton Olivier Gasita En août 2025, le commandement national des FARDC a redéployé son agent dans son poste de commandement à Uvira, où se trouve le quartier général des FARDC. Contre toute attente, ce dernier a été contesté dès son arrivée par les membres de la société civile, des mutualités tribales et des groupes Wazalendo. Certains l&#8217;ont contesté en raison de son faciès, car il est Munyamulenge, tandis que d&#8217;autres sources ont souligné qu&#8217;il n&#8217;était pas contesté pour son faciès, mais parce qu&#8217;ils le soupçonnaient de collaborer avec l&#8217;ennemi pour avoir laissé tomber la ville de Bukavu. D&#8217;autres raisons ont été évoquées par les Wazalendo : s&#8217;il arrivait, il compromettrait les rapports entre eux et les FARDC. Malgré la résistance et les manifestations, le général Olivier Gasita a fini par repartir, d&#8217;abord à Kalemie, puis à Kinshasa. Bien entendu, les Banyamulenge étaient la cible d&#8217;attaques, de blocus dans leurs maisons, et d&#8217;autres étaient interdits d&#8217;accès aux robinets publics. Bref, certains groupes armés Wazalendo en voulaient à d&#8217;autres. Bien que le maire de la ville ait été conciliant et que les communautés invitées aient été reçues, le climat n&#8217;a pas changé soudainement. Même s&#8217;il est parti, son retour à Uvira a coïncidé avec la résurgence de la haine contre les Banyamulenge, alors qu&#8217;ils vivent dans ces conditions. Pour rappel, la police et l’armée avaient déployé des forces dans certains quartiers. Ces conflits de longue date persistent ; les gens y vivent et investissent des espaces de cohabitation, des mesures de survie dans cette ville et ses périphéries. Idéologies et conflictualités ethniques Dans la ville d’Uvira, si des initiatives tribales ont tenté de discuter, d&#8217;échanger ou de faire se rencontrer les sages dans le cadre de projets communs de cohésion sociale, les idéologies de haine (ouvertes ou cachées) sont ancrées dans les institutions, les familles et les cercles sociaux au sein des groupes ethniques d&#8217;Uvira. En raison de leurs luttes et de leurs conflits, qui se sont étendus dans la ville, les tensions et les conflits sont classés par ordre de priorité. La première idéologie est celle de l&#8217;antitutsisme. Cette dernière consiste à présenter les Tutsis comme des criminels, des étrangers et des personnes qui doivent rentrer au Rwanda. Certains écrits vont même jusqu’à les considérer comme des terroristes et des envahisseurs. Enracinée dans les discours de légitimation de certains groupes armés pro-x ou pro-y, elle cimente leur lutte, oriente leurs ennemis et leurs actions. La deuxième idéologie a été développée par les Banyamulenge, des Tutsis du Rwanda et du Nord-Kivu, contre les Vira, les Fuliru et les Nyindu, selon les groupes ethniques. Commençons par celle anti-Vira. Si les rapports de force sont énormes entre les jeunes dans la ville d’Uvira, les Banyamulenge ne sont présents que dans des quartiers comme Songo, Bien Mal Acquis, Kabindula et Kimanga. Ces derniers, même s&#8217;ils ne le disent pas, nourrissent également de la haine envers les Vira. Leurs conflits autour des terres et du pouvoir coutumier structurent l’antivirisme des Banyamulenge. Ensuite, le même groupe ethnique nourrit l’idéologie anti-Fuliru, l’antifulirisme. Cette idéologie consiste à nier les morts des Fuliru, à nier qu’ils sont affectés par leurs violences et à les présenter au monde entier comme des génocidaires, alors que ce n&#8217;est pas le cas. Enfin, coexiste une idéologie anti-Nyindu, ou anti-Nyinduisme. Elle consiste à les considérer comme des ennemis, à les affronter, à nier leurs morts et à éliminer leurs chefs locaux dans le cadre d&#8217;une politique interne des Banyamulenge à saisir et/ou dans leurs discours cachés. En résumé, ces personnes évoluent ensemble dans ces contextes idéologiques, marqués par des expulsions massives, des rejets et des haines mutuelles. Marketeurs de la violence  ? Comment les marketeurs de la violence (Congolais, belges et binationaux) ont-ils utilisé cette audio pour alerter et manipuler l’opinion nationale, internationale et mondiale ? Premièrement, cette alerte a été diffusée dans des groupes WhatsApp et partagée dans la province du Sud-Kivu, dans celle du Nord-Kivu et ailleurs. On y écoutait une personne donner un ultimatum aux Banyamulenge :</p>
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