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	<title>Arènes Humanitaires Archives - Mon site web personnel</title>
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		<title>Liberté de presse dans les entités gouvernementales, celles de l’AFC/M23 et des Wazalendo en RD Congo</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Josaphat Musamba]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 May 2026 20:48:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arènes Humanitaires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160; Contexte Dans un communiqué de presse n° 003/UNPC/BE/KKM-JZW/2026, cosigné le 3 mai 2026 à Kinshasa par le secrétaire général et le président de l’Union nationale de la presse du Congo à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, ces auteurs soulignent le rôle des médias dans la consolidation de la paix et de la cohésion sociale, dans un contexte marqué par l’agression rwandaise et la montée de la guerre informationnelle. D&#8217;un côté, ils annoncent avoir signé un acte d&#8217;engagement pour un journalisme responsable en période de crise, qu&#8217;ils ont soumis au gouvernement, tout en exprimant leur préoccupation face à la dégradation des conditions d&#8217;exercice de la profession dans les entités sous occupation (AFC/M23) et chez leur allié, le Rwanda. De l’autre côté, ils exhortent à respecter strictement les dispositions encadrant leur métier, notamment celles relatives aux mécanismes de droit de réponse et de rectification, avant d&#8217;engager des poursuites judiciaires contre un journaliste. Ce communiqué révèle le débat et la réalité que les observateurs de la scène journalistique congolaise constatent dans divers secteurs, notamment dans les domaines de la défense et de la sécurité. Par contre, dans son rapport publié en mars 2026, Reporters sans frontières note les éléments suivants qui enfreignent également les libertés de la presse dans la région des Grands Lacs depuis 2021 : « Plus de 500 journalistes ont été arrêtés, des cas de meurtres et de disparitions ont eu lieu en toute impunité ; des cadres juridiques et administratifs hostiles ; une précarité économique ; la guerre civile comme épicentre du danger ; le rôle des médias communautaires dans la guerre (certains ont été la cible de pillages, d&#8217;autres de destructions) ; la guerre informationnelle entre les belligérants ; les déplacements et exils forcés ; enfin, des signes de résilience. » En fait, les journalistes congolais sont confrontés à des réglementations liberticides qui leur valent des sanctions. Certains ont été arrêtés, d&#8217;autres ont été la cible de menaces, et d&#8217;autres encore ont été contraints à l&#8217;exil. Ces atteintes à la liberté de la presse en RDC ne concernent pas seulement les entités sous contrôle gouvernemental, mais aussi celles contrôlées par les groupes armés. Depuis le RCD, les pratiques liées à l&#8217;exercice du métier de journaliste ont été réduites au silence, réduisant les journalistes à des propagandistes ou à des journalistes payés pour véhiculer une version unique des problèmes, sans contribuer sensiblement à changer les choses ni à instaurer la paix tant souhaitée. Depuis la résurgence du M23 en 2021, la liberté de la presse est de nouveau confrontée à des restrictions dans les zones de conflit. Alors que le camp gouvernemental interdit aux médias, étrangers comme locaux, de donner la parole aux dirigeants des groupes armés, sous peine de sanctions et de retrait des cartes d&#8217;accréditation, de nombreux médias se voient privés de leur liberté d&#8217;action et le prix des cartes d&#8217;accréditation augmente en RDC. Kinshasa a elle-même restreint l&#8217;accès à l&#8217;information, puis a criminalisé la diffusion d&#8217;informations relatives à la sécurité.  (Image Copyright : Reporters sans Frontières, Rapport 2026[1] ) Le ministère congolais de la Communication a ainsi contribué à la désinformation et à la désorientation des politiques de protection des civils dans les zones touchées par les crises et les conflits armés. Par ailleurs, dans les zones rebelles, deux tendances se sont imposées. D&#8217;abord, au sein des entités de l&#8217;AFC/M23. En 2021-2022, le porte-parole de la rébellion a arrêté des journalistes à Rutshuru, puis les a relâchés après des discussions avec les médias (JED), alors qu&#8217;ils n&#8217;étaient pas encore arrivés à Goma. L&#8217;AFC/M23 a également suspendu les signaux de plusieurs médias, dont Top Congo Fm, ainsi que d&#8217;autres radios qui diffusait la version de Kinshasa de la guerre. Les journalistes étaient scrutés, surveillés et contraints de se reconvertir. Dans les groupes armés, ils étaient tolérés, mais les publications non censurées par ces groupes posaient problème. Dans le territoire de Fizi, un journaliste a été arrêté par une coalition de groupes armés pour avoir accordé la parole à des représentants de l&#8217;AFC/M23 à Uvira, alors qu&#8217;il relayait également ces mêmes rebelles. Exercer le métier de journaliste en RDC soulève de nombreuses craintes et questionnements. Si la loi de 2023 proposée par M. Patrick Muyaya Katembwe a permis de criminaliser certaines pratiques et d&#8217;encadrer d&#8217;autres, des dérapages sont également observés, aussi bien à Kinshasa qu&#8217;aux territoires occupés par les groupes armés. Les médias d&#8217;État, à l&#8217;instar de la RTNC, ne sont que des caisses de résonance et des outils de propagande à la gloire du chef de l&#8217;État, de l&#8217;USN et de ses proches. Toute critique à leur encontre est interprétée comme une collusion avec les ennemis. Selon certains, les radios associatives, communautaires et/ou confessionnelles se sont ralliées aux versions de leurs dirigeants ou initiateurs, et les critiques sont moins tolérées. Enfin, les médias en ligne, bien qu’encadrés par les lois congolaises, sont devenus toxiques, manipulateurs et vecteurs de stratégies de menaces hybrides ou de guerres informationnelles. Dans les zones occupées, les rebelles utilisent certains médias locaux à des fins de propagande, contraignent les autres à modifier leur ligne éditoriale, interrompent des émissions et en créent d&#8217;autres pour désinformer les auditeurs. Comment interpréter les manifestations de la liberté de la presse dans le contexte de la crise actuelle opposant simultanément Kinshasa à la rébellion pro-gouvernementale rwandaise et au Rwanda ? Ce décryptage commence par un diagnostic des zones tenues par le gouvernement congolais afin de comprendre comment les libertés sont appliquées, puis analyse les problèmes de liberté de la presse dans les zones contrôlées par l&#8217;AFC/M23 et ses alliés rwandais. Il examinera également la situation dans les zones contrôlées par les autres groupes armés et dressera des constats. Pratiques liberticides En août 2023, le journaliste de renom Stanis Bujakera est arrêté à Kinshasa. On lui reproche d&#8217;avoir divulgué à des médias étrangers de fausses informations attribuées aux services de renseignement concernant la mort de Chérubin Okende. Non seulement ces services ont contredit ces allégations, mais ils ont également criminalisé le</p>
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		<title>Banyamulenge, effets de bombardements et aggravation de la crise humanitaire dans les Hauts Plateaux de Fizi, Mwenga et Uvira</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Josaphat Musamba]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Apr 2026 18:57:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arènes Humanitaires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte et background Depuis 2017, les hauts plateaux d’Uvira, de Fizi et d’Itombwe sont le théâtre de conflits entre groupes ethniques, par l’intermédiaire de groupes armés, ce qui a entraîné le déplacement de populations vers d’autres contrées et a prolongé l’insécurité pour ceux qui sont restés sur place. Si les Banyamulenge sont confrontés à ces conflits, la prise de la ville d’Uvira par l’AFC/M23 en décembre 2025, ainsi que la résistance des combattants du mouvement républicain pour la dignité du peuple/Twirwaneho (MRDP/T), leur ont temporairement facilité la mobilité. Ceci leur a permis d&#8217;accéder à des lieux qui leur étaient auparavant interdits. Cependant, depuis le retrait partiel de l&#8217;AFC/M23 de la ville d&#8217;Uvira, leur mobilité dans ces zones de hauts plateaux a été réduite. Ainsi, les populations vivant dans l’espace de Minembwe pouvaient respirer et des organisations locales ont pu reprendre à fréquenter Madegu et ses environs. Cependant, le 4 novembre 2025, les habitants de Minembwe et de ses environs se sont mobilisés contre le gouvernement congolais, la FDNB et les Wazalendo, qui leur imposaient un blocus pour des raisons stratégiques, aggravant ainsi leurs problèmes et leur vulnérabilité. Des tentatives de contournement du blocus humanitaire ont consisté à faire atterrir des aéronefs humanitaires à Minembwe, auparavant utilisés par l&#8217;AFC/M23 selon certaines sources, et par les forces rwandaises de défense selon les experts de l&#8217;ONU, avant la prise de la ville d&#8217;Uvira. Dans le même esprit, certains observateurs de la région soulignaient le rôle crucial de l&#8217;AFC/M23 dans l&#8217;aggravation de la situation dans les Hauts Plateaux. Selon eux, le Burundi aurait en effet renforcé ses stratégies opérationnelles lorsque le M23 a pris le contrôle de Kamanyola et de ses environs. Des axes d&#8217;approvisionnement entre les espaces de Rurambo et de Minembwe, ou entre Lulenge, Mutambala et Itombwe, ont-ils été complètement fermés ? Sur les plans sécuritaires et d&#8217;approvisionnement, les seules routes de liaison vers l&#8217;espace Rurambo (Uvira) menant à Mitamba ont été fermées, empêchant les commerçants et le personnel soignant de circuler librement entre Madegu (centre de Minembwe) et Uvira, ou vers la ville de Baraka, interdite depuis des années aux Banyamulenge. Des médicaments destinés à la zone de santé de Minembwe étaient parfois refusés le passage par les positions des Wazalendo. D&#8217;autres sources locales mentionnaient toutefois que les combattants de l&#8217;AFC/M23 auraient limité les déplacements du personnel soignant des aires de santé d’Itombwe et de Mikenge. Les personnes malades et les cas d&#8217;urgence ont été les plus touchés, car le personnel de l&#8217;hôpital de Mikenge a également été contraint de limiter ses déplacements. L’hôpital de Minembwe était, lui, confronté à des pénuries de médicaments. Les ONG qui aidaient la population ont fermé leurs bureaux, tandis que d&#8217;autres n&#8217;étaient autorisées à œuvrer que dans les zones gouvernementales, accusées de collaborer avec les ennemis (AFC/M23 et MRDP/Twirwaneho), alors que les populations ont besoin de couloirs humanitaires pour évacuer leurs biens et commercer. Blocage et hausse des prix La hausse des prix des produits de première nécessité et l&#8217;aggravation de la crise humanitaire ont été causées par les politiques sécuritaires liées aux restrictions imposées par l&#8217;armée congolaise, qui était d&#8217;ailleurs présente à Madegu, ainsi que par ses alliés. Les prix des denrées alimentaires, des produits de première nécessité et des vêtements ont grimpé, tandis que le bétail était pillé ou décimé. Néanmoins, la banque de développement de Minembwe étant hors service, les communautés cherchent des moyens de s&#8217;approvisionner. De ce point de vue, certains ont eu recours aux paiements mobiles, avec les conséquences et les risques que cela implique, ainsi qu’à des taux exorbitants. Les habitants n’ont pas le choix : ils doivent survivre et s’adapter à cette situation complexe, tout en étant exposés à des bombardements. Objectifs et structure Cette note a pour objectif de discuter de la crise humanitaire qui a débuté en 2017 et perdure à ce jour, ainsi que de ses effets locaux, sans pour autant nier les autres travaux écrits sur le sujet. Elle vise à présenter les événements contextuels survenus sur le plan sécuritaire entre août 2025 et janvier 2026, à montrer les conséquences des politiques de blocus sur les prix des produits de première nécessité et pharmaceutiques, à décrire le rôle joué par les commerçants et transporteurs (Bashi ou Bafuliru) dans ces contextes de crises prolongées, et à évoquer la prise de la ville d’Uvira par l’AFC/M23, accompagnée du retrait des FARDC, de la FDNB et des Wazalendo. La prise de la ville d’Uvira a coïncidé avec le retour à la vie dans la zone de santé de Minembwe et ses environs, ainsi que dans la région de Bijombo, qui sont des axes cruciaux d’approvisionnement et les plus sécurisés. Ce décryptage est subdivisé en trois sections. La première décrit le contexte sécuritaire instable, la deuxième présente les effets sur les prix et les structures sanitaires, et la troisième analyse les derniers remparts civils, malgré les restrictions, les menaces subies de la part des Wazalendo, des FARDC et des FDNB burundais, ainsi que les bombardements visant leur bétail, leur aérodrome et leurs ressources militaires. Josaphat Musamba Télécharge-moi ! &#160;</p>
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		<title>Que sait-on de l&#8217;ultimatum de 10 jours enjoignant les Banyamulenge à quitter la ville d&#8217;Uvira sous peine d&#8217;être exterminés ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Josaphat Musamba]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Nov 2025 19:19:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arènes Humanitaires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Introduction En septembre 2025, les réseaux sociaux ont été inondés de publications dénonçant un ultimatum de dix jours visant les Banyamulenge à Uvira. Ces alertes sont liées à une audio partagée dans de nombreux groupes WhatsApp, tant pro-MRDP/Twirwaneho que pro-AFC/M23, ainsi que dans des groupes de communautés locales. Des médias pro-MRDP/Twirwaneho et AFC/M23, des Belgo-Congolais, une ancienne réfugiée originaire de l’ex-Yougoslavie, naturalisée française, et certains Belges engagés dans cette question ont largement relayé l&#8217;information. Cette question a été prise en compte par des acteurs politiques, notamment Me Moïse Nyarugabo, qui développait précédemment ses inquiétudes sur l’extermination des Banyamulenge dans une conférence de presse à Goma, qui se sont élevées contre ce qu&#8217;ils qualifient de plan d&#8217;extermination de leurs frères. Pour clore, les Rwandais et des médias proches du pouvoir dans ce pays se sont lancés dans ces débats sans apporter la moindre preuve concernant l&#8217;auteur de l&#8217;audio et du message dangereux incitant à chasser les Tutsis Banyamulenge de la ville d&#8217;Uvira. Or, la ville d&#8217;Uvira venait de vivre une période de tension prolongée, liée à la contestation de la réaffectation à son poste d&#8217;un officier congolais de la communauté banyamulenge dans la 33e région militaire. Comment expliquer que le plan d&#8217;extermination n&#8217;ait pas pu être mis en œuvre deux mois plus tard ? Cette réflexion poursuit deux objectifs. Le premier est d&#8217;expliquer les faits contradictoires relatifs à la manipulation de l&#8217;opinion internationale, nationale et locale par rapport aux risques de diffusion de fausses informations et à leurs impacts sur les rapports entre les communautés ; le second est d&#8217;apporter les versions les moins documentées de la perception des communautés présentées comme exterminatrices des Banyamulenge dans la ville d&#8217;Uvira. Il se concentre sur quelques points en marge de l’introduction et de la conclusion (qui présente un tableau de la situation actuelle à Uvira). Le premier point analyse le feuilleton sur Olivier Gasita, le deuxième discute des idéologies à l&#8217;origine de la conflictualité entre les groupes ethniques, et le troisième souligne les traces de la manipulation par les marketeurs de la violence. Feuilleton Olivier Gasita En août 2025, le commandement national des FARDC a redéployé son agent dans son poste de commandement à Uvira, où se trouve le quartier général des FARDC. Contre toute attente, ce dernier a été contesté dès son arrivée par les membres de la société civile, des mutualités tribales et des groupes Wazalendo. Certains l&#8217;ont contesté en raison de son faciès, car il est Munyamulenge, tandis que d&#8217;autres sources ont souligné qu&#8217;il n&#8217;était pas contesté pour son faciès, mais parce qu&#8217;ils le soupçonnaient de collaborer avec l&#8217;ennemi pour avoir laissé tomber la ville de Bukavu. D&#8217;autres raisons ont été évoquées par les Wazalendo : s&#8217;il arrivait, il compromettrait les rapports entre eux et les FARDC. Malgré la résistance et les manifestations, le général Olivier Gasita a fini par repartir, d&#8217;abord à Kalemie, puis à Kinshasa. Bien entendu, les Banyamulenge étaient la cible d&#8217;attaques, de blocus dans leurs maisons, et d&#8217;autres étaient interdits d&#8217;accès aux robinets publics. Bref, certains groupes armés Wazalendo en voulaient à d&#8217;autres. Bien que le maire de la ville ait été conciliant et que les communautés invitées aient été reçues, le climat n&#8217;a pas changé soudainement. Même s&#8217;il est parti, son retour à Uvira a coïncidé avec la résurgence de la haine contre les Banyamulenge, alors qu&#8217;ils vivent dans ces conditions. Pour rappel, la police et l’armée avaient déployé des forces dans certains quartiers. Ces conflits de longue date persistent ; les gens y vivent et investissent des espaces de cohabitation, des mesures de survie dans cette ville et ses périphéries. Idéologies et conflictualités ethniques Dans la ville d’Uvira, si des initiatives tribales ont tenté de discuter, d&#8217;échanger ou de faire se rencontrer les sages dans le cadre de projets communs de cohésion sociale, les idéologies de haine (ouvertes ou cachées) sont ancrées dans les institutions, les familles et les cercles sociaux au sein des groupes ethniques d&#8217;Uvira. En raison de leurs luttes et de leurs conflits, qui se sont étendus dans la ville, les tensions et les conflits sont classés par ordre de priorité. La première idéologie est celle de l&#8217;antitutsisme. Cette dernière consiste à présenter les Tutsis comme des criminels, des étrangers et des personnes qui doivent rentrer au Rwanda. Certains écrits vont même jusqu’à les considérer comme des terroristes et des envahisseurs. Enracinée dans les discours de légitimation de certains groupes armés pro-x ou pro-y, elle cimente leur lutte, oriente leurs ennemis et leurs actions. La deuxième idéologie a été développée par les Banyamulenge, des Tutsis du Rwanda et du Nord-Kivu, contre les Vira, les Fuliru et les Nyindu, selon les groupes ethniques. Commençons par celle anti-Vira. Si les rapports de force sont énormes entre les jeunes dans la ville d’Uvira, les Banyamulenge ne sont présents que dans des quartiers comme Songo, Bien Mal Acquis, Kabindula et Kimanga. Ces derniers, même s&#8217;ils ne le disent pas, nourrissent également de la haine envers les Vira. Leurs conflits autour des terres et du pouvoir coutumier structurent l’antivirisme des Banyamulenge. Ensuite, le même groupe ethnique nourrit l’idéologie anti-Fuliru, l’antifulirisme. Cette idéologie consiste à nier les morts des Fuliru, à nier qu’ils sont affectés par leurs violences et à les présenter au monde entier comme des génocidaires, alors que ce n&#8217;est pas le cas. Enfin, coexiste une idéologie anti-Nyindu, ou anti-Nyinduisme. Elle consiste à les considérer comme des ennemis, à les affronter, à nier leurs morts et à éliminer leurs chefs locaux dans le cadre d&#8217;une politique interne des Banyamulenge à saisir et/ou dans leurs discours cachés. En résumé, ces personnes évoluent ensemble dans ces contextes idéologiques, marqués par des expulsions massives, des rejets et des haines mutuelles. Marketeurs de la violence  ? Comment les marketeurs de la violence (Congolais, belges et binationaux) ont-ils utilisé cette audio pour alerter et manipuler l’opinion nationale, internationale et mondiale ? Premièrement, cette alerte a été diffusée dans des groupes WhatsApp et partagée dans la province du Sud-Kivu, dans celle du Nord-Kivu et ailleurs. On y écoutait une personne donner un ultimatum aux Banyamulenge :</p>
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