
Introduction
Les mois de janvier et février ont marqué des tournants historiques dans l’évolution des conflits à l’est de la République démocratique du Congo. Si l’AFC/M23 a conquis la ville de Goma à la fin du mois de janvier 2025, celle de Bukavu a connu de nombreux affrontements, tandis que les FARDC se concentraient sur les axes de Kalehe, d’Ihusi, l’aéroport de Kavumu et la ville de Bukavu. Malheureusement, cela n’a pas été le cas. Plus que jamais, l’AFC/M23 a décidé d’étendre son territoire et de renforcer ses alliances dans la province du Sud-Kivu. Dans leurs rapports, les experts de l’ONU ont tiré la sonnette d’alarme, mais des membres de la communauté Banyamulenge, y compris des réseaux rwandais, ont investi dans la diabolisation en contestant des informations et des points de vue contradictoires.
En effet, les années 2023 et 2024 ont été marquées par des développements intenses dans la province du Sud-Kivu, notamment après la consolidation des zones occupées par l’AFC/M23, à la suite de la débâcle des Forces armées de la République démocratique du Congo. La prise de Minova (Kalehe) et des hauts plateaux de Numbi a constitué une victoire significative dans la conquête de la province, tandis que l’AFC/M23 contrôlait le littoral de Kalehe et les îles frontalières entre la RDC et le Rwanda. Selon les experts de l’ONU, l’Armée révolutionnaire du Congo (ARC) a élargi son emprise sur le Sud-Kivu, bénéficiant d’un soutien important des Forces de défense rwandaises. Outre son réseau d’acteurs politiques et d’informateurs (ses disciples), l’AFC/M23 a installé ses propres agents au-delà de la bureaucratie de Bukavu. Si la ville de Bukavu était contrôlée avec des limites et des difficultés dans la gestion, la situation était complexe à Uvira, Mwenga et Fizi, ainsi que dans les territoires de Kalehe, Walungu et Kabare. Ce blog décrypte les événements survenus de la fin novembre 2024 à février 2025 dans les hauts plateaux de Fizi, Uvira et Mwenga. Il commence par décrire l’état des tensions entre les groupes ethniques et la dynamique des groupes armés face aux opérations militaires, puis analyse le réalignement du groupe armé Twirwaneho et des Banyamulenge avec l’AFC/M23. Il examine ensuite les opérations militaires contre les groupes armés ainsi que le retrait des FARDC et des FDNB de certaines zones. Enfin, il détaille les implications de ces tensions sur les déplacements forcés vers les moyens plateaux ou les pays voisins de la RDC.
- Tensions entre groupes ethniques
Des tensions récurrentes opposent les groupes ethniques dans les hauts plateaux d’Uvira, de Mwenga et de Fizi depuis des décennies. Malgré les projets humanitaires et certaines initiatives locales, une coexistence pacifique précaire avait été instaurée dans les hauts plateaux de Mwenga (Mikenge 1 et 2) et de Fizi (notamment à Bibokoboko). Toutefois, les agents congolais de l’ONG belge « Médecins du Monde/Belgique », qui étaient mélangés (Bembe, Fuliru, Nyindu et Banyamulenge), ont quitté la zone, laissant les plus forts l’emporter sur les autres. Pendant ce temps, à Bibokoboko, des activités de rapprochement entre Fuliru et Banyamulenge étaient en cours, mais ailleurs, les tensions s’exacerbaient dans les villages de Mulima, Point-Zéro, Kitasha, etc. Par ailleurs, à Mikenge, malgré le départ de la MONUSCO et le déploiement des FDNB et/ou des FARDC, les combattants des Forces patriotiques pour la défense du Congo/Mouvement de libération de feu Kibukila Kitungano Wa Seba ont également fait de nombreuses victimes. Dans le secteur de Lulenge, les tensions se sont également exacerbées entre les Bafuliru, les Bembe et les Banyamulenge en raison de l’activisme des groupes armés défendant les intérêts de ces deux communautés. À l’inverse, dans les hauts plateaux d’Uvira, malgré leur immensité, les Banyamulenge et leurs combattants continuaient de garder leurs villages, excluant les civils Banyindu et Bafuliru de leurs territoires. Le chef du groupement de Bijombo, Tete Amisi, ne pouvait plus se rendre dans les villages dirigés par les Banyamulenge, tandis que les autres, sous le contrôle des Bafuliru et des Bavira, leur étaient interdits d’accès.
En revanche, pour se rendre dans le groupement de Bijombo et à Muranvya, des groupes d’autodéfense locaux, composés de Banyindu, Bavira et de Bafuliru, ont contribué à escorter des civils Banyamulenge, Banyindu et Bafuliru, contre le paiement d’une somme d’argent (y compris des agents des services de renseignements des Twirwaneho). Enfin, dans les groupements de Kigoma, Lemera et le village de Rurambo, la situation était difficile durant cette période. Des mouvements de réfugiés rwandais ont été observés en provenance de Fizi, se dirigeant vers le groupement de Muhuzi (territoire de Mwenga), puis se déplaçant dans la chefferie des Bafuliru. Ces réfugiés sont arrivés dans les villages de Kitoga et Mulenge I et II, puis sont retournés dans leurs bastions où ils ont tissé des alliances stratégiques locales (ASL) avec l’UPC de Ruma Hondwa et Nguvu za Milima (Issa Mutoka). Ces mouvements ont été observés et constatés par des Banyamulenge et des Twirwaneho basés à Kahololo, ainsi que par des dirigeants du groupe armé Gumino. Ces informations ont été partagées au Rwanda au sein de leurs réseaux et deux déclarations ont alerté sur ces mouvements (voir les comptes X de désinformation MaishaRDC et Saint Cadet Ruvuzangoma). Parallèlement, l’armée burundaise (FDNB) a montré qu’elle n’était pas associée à un rapprochement avec les protecteurs armés (CNRD/FLN) des réfugiés rwandais.Entre-temps, la branche politique a réagi contre les Twirwaneho. Avant d’aborder le réalignement des Twirwaneho, un coup de projecteur sur les opérations militaires dans ces zones permet de bien comprendre notre analyse.
2. Opérations militaires et groupes armés
Généralement, les opérations militaires concernaient trois groupes armés réfractaires au processus de paix ou à la fragmentation : les « Wazalendo » et les « P-DDRCS ». Il s’agissait de traquer le groupe armé Twirwaneho, ainsi que le Rassemblement pour un État de droit (RED-Tabara) et les forces nationales de libération (FNL). Ces opérations étaient menées par les FARDC et les FDNB ou par les FDNB et les combattants du Congrès national du peuple pour la souveraineté du Congo (CNPSC)du général autoproclamé William Amuri Yakutumba. Concernant les Twirwaneho, les FARDC menaient de nombreuses attaques contre leurs bastions et villages, car ils étaient localisés à Madegu et à Mikenge. Si les familles et les élites politiques Banyamulenge continuaient d’alerter sur le « génocide », les Twirwaneho étaient également à l’origine de déplacements forcés et de crimes de guerre et contre l’humanité visant les Bafuliru, les Banyindu et les Bembe. Néanmoins, les opérations se sont poursuivies contre les groupes armés burundais et les Twirwaneho sans toucher ni attaquer les CNRD/FNL rwandais. Ces derniers étaient stationnés dans le village de Lubumba, non loin de la base des FDNB à Magunda (Mwenga). Avant la prise de Goma et de Bukavu, les Twirwaneho ont de nouveau été renforcés. Ils ont alors repris les attaques contre les FARDC à Madegu/centre et dans d’autres villages. Auparavant, l’un des gardes du corps du général Pacifique Masunzu avait été tué, car certains Banyamulenge ne supportaient pas son indifférence à leur égard, selon certains. Entretemps, le général avait perdu son jeune frère, le colonel Alexis Rugabisha, ainsi que d’autres militaires, lors des batailles de Nyabibwe. De son côté, le général autoproclamé Makanaki Kasimbira John s’était rapproché de la ville d’Uvira. Accompagné d’autres alliés, il a paradé avec ses troupes dans le but de convaincre les jeunes de rejoindre les forces armées pour défendre la patrie.
3. Retrait et redéploiement ?
Après avoir tenté de contrer la progression de l’AFC/M23 avec l’appui technologique de drones, les FARDC ont perdu Kavumu et se sont repliées à Bukavu. Auparavant, les commandos dits « Guépards » s’étaient révoltés contre leur hiérarchie à Kavumu. Outre les pillages, de nombreuses personnes ont été assassinées. Si certains ont été arrêtés et envoyés à la prison centrale de Bukavu, d’autres ont été acheminés vers Kalemie via Uvira. C’est dans ce contexte que les informations sur le départ des mercenaires AGEMIRA, puis sur le retrait des FDNB/Burundais, se sont ensuite répandues. D’autres, qui devaient les remplacer, ont créé la panique. Les combattants de l’ARC sont entrés à Kavumu sans rencontrer de résistance. Ils avaient investi l’aéroport et ses installations dans la matinée. À Bukavu, les FARDC évacuaient le camp militaire de SAIO, situé à proximité de la frontière rwandaise, si bien que la ville était sans maître toute la journée. La prison centrale de Bukavu était ouverte et des criminels ont été relâchés. Le lendemain, l’AFC/M23 est entrée sans opposition dans la ville de Bukavu, à l’exception du quartier de Nyalukemba, où des enfants armés ont résisté. Certains ont été neutralisés par les combattants de l’AFC/M23. Entretemps, les FARDC basés à Nyangezi et/ou à Kamanyola battaient en retraite. Par ailleurs, selon une source militaire, le retrait des FARDC de Kavumu et de Bukavu ne s’expliquerait pas par des affrontements entre l’armée congolaise et l’ARC du M23, mais par deux facteurs importants. D’une part, l’appel de l’archevêque Xavier Maroyi, qui insistait sur le risque de massacres à Bukavu, afin d’épargner la ville ; d’autre part, les FARDC, malgré leur arsenal, n’ont pas souhaité combattre dans le centre de Kavumu afin de protéger les populations
Finalement, les FARDC et les FDNB avaient battu en retraite, laissant le champ libre aux insurgés et à leurs alliés pour prendre le contrôle des zones concernées. Ce vent a également emporté les militaires de la 12ᵉ brigade d’intervention rapide, déployés depuis des années à Minembwe. Bien qu’ils aient infligé des défaites aux Twirwaneho, ces derniers n’ont pas abandonné la lutte et se sont reconstitués. Les militaires des FARDC étaient la cible d’attaques de la part des Twirwaneho et ont fini par se déplacer vers le village de Kakenge, en direction de village Mulima (groupement de Basilocha). D’autres ont été signalés à Mukera. Par ailleurs, les Twirwaneho avaient investi le quartier général des FARDC à Minembwe. Le lendemain, ils se sont déployés dans le village de Mikenge 1 qu’ils ont occupé après le retrait des FARDC et des FDNB. Pour rappel, les tirs de drones ont neutralisé le général autoproclamé Michel Rukunda (alias Makanika), ainsi que certains de ses soldats, même si des doutes planent encore sur sa mort. Tous ces affrontements ont eu des conséquences sur les populations, que la section suivante analyse en profondeur.
4. Déplacements forcés des populations
Depuis décembre 2024, on observe des déplacements de populations des hauts plateaux vers les moyens plateaux des secteurs de Tanganyika, Mutambala et de la ville de Baraka. D’autres mouvements ont ensuite été observés dans le territoire d’Uvira. Si certains ont pu être pris en charge lors de leurs déplacements entre les secteurs et les villages de leurs forêts, d’autres éprouvent encore des difficultés. Les Banyamulenge sont sinistrés depuis qu’ils sont condamnés à vivre dans leurs rayons, mais ils bénéficiaient d’une assistance à Minembwe et Mikenge, ce qui est désormais impossible. Parallèlement, des villages des hauts plateaux de Fizi, Mwenga et Uvira, habités majoritairement par les Banyindu, les Bavira et les Babembe, se plaignent de l’insuffisance de l’aide humanitaire alors qu’ils souffrent et sont également la cible des milices Banyamulenge. Notons qu’en 2023, la coalition CNPSC avait interdit l’accès aux camps de déplacés internes aux habitants revenant des hauts plateaux de Mutambala et Lulenge (notamment Rugezi et Bigaragara). Ces derniers sont confrontés à la vulnérabilité dans leurs zones de déplacement. De leur côté, les réfugiés rwandais éprouvent des difficultés pour actualiser leurs documents administratifs, tandis que les réfugiés burundais ignorent comment se comporter dans ce contexte de conflits. D’un côté, ils craignent de voir les FDNB, qu’ils ont fui, revenir dans leur zone de refuge; de l’autre, ils se demandent comment se comporter si l’AFC/M23 venait à conquérir ces zones. Ces questions sont toutefois complexes et nécessitent des investigations approfondies.
5. De Twirwaneho à MRDP-Twirwaneho
La mort du général autoproclamé Michel Rukunda (Makanika), beau-frère du défunt leader mai-mai Mushombe, a été un coup dur pour les Banyamulenge. Il était considéré comme un héros par les siens, mais il venait de mourir. Si les FARDC étaient mentionnées dans les informations comme étant auteurs de son assassinat, d’autres pensaient aux Rwandais en raison de ses présumées positions « anti-rwandaises ». Par la suite, des informations faisant état de la responsabilité des FARDC et de drones CH-4A ou CH-4B se sont révélées plausibles. Ces drones ont ensuite été largués et ont tué d’autres commandants Twirwaneho. À Goma, on entendait parler du retour de son adjoint, Charles Sematama. Officiellement, il était allé se faire soigner au Rwanda, mais sa présence était marquée par des enjeux complexes. Pressenti pour succéder à Michel Rukunda (alias Makanika), il a entraîné la réorganisation des autres groupes armés adverses (FABB/CPLC,FPDC/ML,FDCC). C’est ainsi que, depuis le 25 février 2024, les Twirwaneho ont décidé de changer de nom. Autrefois forces d’autodéfense locale, ils s’appellent désormais MRDP-Twirwaneho. Ce mouvement avait adhéré depuis longtemps à l’AFC/M23 et n’attendait que le moment de se prononcer. Les implications suivantes sont à envisager à court, moyen et long terme : Sur le plan des rapports entre les communautés, on observe une recrudescence des attaques ces derniers temps. Le MRDP-Twirwaneho s’est affronté à des ex-Mai-Mai devenus VDP, enrôlés dans la Reserve armée défense (RAD) qui tentent de les déloger de Mikenge. Si les deux villages Mikenge 1 et 2 sont actuellement occupés, les habitants Bafuliru, Bembe et Banyindu se sont déplacés tous soit à Point-Zéro ou à Kipupu. Il faut rappeler que ces entités locales sont sous le contrôle du MRDP-Twirwaneho et son alliée AFC/M23.
Conclusion
Ce blog est centré sur l’analyse du réalignement de combattants du groupe armé Twirwaneho à l’AFC/M23, après la prise de Bukavu, et sur la relecture du contexte socio-sécuritaire de la province du Sud-Kivu. Il décrypte les tensions entre les groupes ethniques et/ou entre groupes armés ayant précédé l’arrivée de l’AFC/M23 dans la province, ainsi que les opérations militaires menées contre les groupes armés étrangers et ceux réfractaires au P-DDRCS, à l’instar de Twirwaneho. Il examine également les facteurs du retrait des FARDC du centre de Kavumu et de la ville de Bukavu, tout en scrutant le mouvement de déplacements forcés de populations. Il se termine par l’analyse de la montée en puissance des MRDP-Twirwaneho, malgré la mort de leur général, Michel Rukunda (Makanika). Cette réflexion appelle à des conclusions alternatives.
Premièrement, dans les conflits qui opposent séparément les Banyamulenge aux Bembe, puis aux Bafuliru, Bavira et Banyindu, la violence, la haine et la remobilisation armée atteignent un niveau sans précédent depuis que les Twirwaneho se sont ralliés à l’AFC/M23. Pour certains habitants de la région, il est désormais intolérable que des Banyamulenge, assimilés à des « Rwandais », et leurs alliés de l’AFC/M23, également des Rwandais, les recolonisent et/ou les resoumettent à la domination et à la discrimination. Deuxièmement, la stabilité interethnique et la quiétude sont des situations précaires qui ont été affectées et le seront davantage. Si pour les Banyamulenge, rejoindre l’AFC/M23 leur confère une autre dimension dans leur combat de « libération », ils se battent contre les menaces « existentielles » qui pèsent sur eux. Cependant, la « guerre assertive » telle que théorisée par les Rwandais, les rwandophones et leurs réseaux remet en question les versions contradictoires défendues par les autres communautés adverses, qui revendiquent leur existence, mais que les Banyamulenge leur dénient également. Enfin, il y a des questions concernant le repositionnement des Rwandophones (Bagogwe et Banyamulenge) dans les rapports et instances locales. Je crains que l’AFC/M23 ne remodèle les formes locales d’administration, ne renforce la réorganisation des rapports sociaux entre les groupes ethniques et ne crée un chaos institutionnel au sein de la bureaucratie locale. En réalité, elle s’en prend à l’ordre coutumier qu’elle considère comme préjudiciable. Troisièmement, dans ces conditions, les rapports entre les Banyamulenge et les autres communautés ne seront pas pacifiés, car le contexte est défavorable. On risque d’aboutir à des situations similaires à celles que l’on a connues entre 1998 et 2005. Cela ne pourra se faire que par la reconstitution de la vérité sur les peuplements et les rapports aux coutumes (pouvoir), ainsi que par des politiques de rapprochement de l’autorité locale, sans remettre en cause les structures sociales locales et leurs rapports aux pouvoirs coutumiers et à l’État. Attendons de voir la suite pour parler des faits sans sentimentalisme. Si les nominations de gouverneurs et de vice-gouverneurs ont déjà avantagé les membres de la communauté banyamulenge, qui ont déjà occupé plusieurs fois le poste de ministre dans tous les gouvernements locaux, cela pourrait expliquer pourquoi ils ne peuvent accéder à ces postes sans provoquer de rebellions ou de guerres de libération, et pourquoi ils contestent l’ordre démocratique pluraliste. Il est également important de noter que si l’alliance stratégique locale entre l’AFC/M23 et le MRDP-Twirwaneho peut faciliter la stabilité dans les villages banyamulenge, nous ne savons pas si elle sera durable, ni si les rapports avec les autres communautés le seront également à l’avenir.
Enfin, l’AFC/M23 et le MRDP-Twirwaneho pourraient faire la différence en contrôlant les hauts plateaux de manière différente. La cohabitation et la stabilité ethniques pourraient être impulsées par les rebelles de l’AFC/M23 et du MRDP-Twirwaneho, à condition que ces deux alliés mettent en œuvre un contrôle territorial de réconciliation, et non de domination ou de règlement de comptes, tout en maintenant des relations soudées et en évitant de se diviser et de s’opposer. Il est à noter que les relations entre les MRDP-Twirwaneho et l’AFC/M23 ne sont pas au beau fixe. Malgré le fait que les Banyamulenge ont une représentation à la coordination de l’AFC, qu’ils ont des quotas au gouvernorat et que Saint Cadet Ruvuzangoma est de retour dans la province, le MRDP-Twirwaneho n’était pas représenté à Doha. Dans les mêmes veines, ils ne sont pas représentés dans les institutions provinciales produisant des ressources financières, qui sont occupées par les Banya-Masisi ou Banya-Rutshuru, les spectres de diverses tensions sont visibles. Récemment, Charles Sematama a déclaré que ce qui se passe à Doha ne les concernait pas. La question est de savoir si les MRDP-Twirwaneho ont l’intention de revoir leurs positions, de faire pression sur l’AFC/M23 ou de se rallier à Joseph Kabila ?