
Pourquoi le groupe armé Forces pour la défense des compatriotes au Congo / Armée populaire Congolaise (FDCC/APC) s’indigne-t-il contre le gouverneur Jean-Jacques Purusi Sadiki ?
Introduction Dans un document public daté du 23 avril 2026 concernant les tensions entre des Wazalendo et l’autorité provinciale du Sud-Kivu, le groupe armé FDCC/APC, par l’intermédiaire de son coordinateur Prince Kasikuza Ndegesi, s’indigne du comportement du gouverneur de cette province. Elle dénonce d’abord son manque de considération à l’égard de leur mouvement, mais aussi les graves griefs qu’elle qualifie d’une utilisation abusive des fonds qui leur sont alloués par le pouvoir central. Depuis la chute de la ville de Bukavu en 2025, qui a contraint le gouverneur et son gouvernement à délocaliser le siège de la province à Uvira, les rapports entre les acteurs de la province (gouvernement provincial, gouverneur et vice-gouverneur) ont connu des ruptures et des continuités, ainsi que des tensions et des accusations mutuelles. Le gouverneur est le représentant du chef de l’État dans la partie de la province encore sous le contrôle du gouvernement provincial, mais il ne contrôle que partiellement les territoires d’Uvira, de Fizi, de Mwenga, de Walungu, de Kabare, de Kalehe et de Shabunda, car la province est également occupée par la coalition AFC/M23 et les forces armées rwandaises. Pour rappel, après la prise de Bukavu et de Kamanyola, les autorités provinciales se sont d’abord installées à Uvira, puis à Bujumbura, tandis que les forces de police nationale ont quitté Uvira, laissant la ville aux mains des Wazalendo, dans leur diversité et leurs rivalités. Avec le retour de la FDNB et le redéploiement des autorités à Uvira, les Wazalendo ont acquis une certaine notoriété, au point de délégitimer le gouverneur et son « gouvernement de fuyards », comme ils les qualifient. S’ils ont trouvé un terrain d’entente, les Wazalendo n’ont jamais oublié leurs divergences. Le 10 décembre 2025, la ville d’Uvira a de nouveau été prise par l’AFC/M23, avec l’aide de ses alliés rwandais ; les autorités politiques et policières ont alors pris la fuite pour se réfugier à nouveau au Burundi. Ces replis ne sont pas, en soi, une mauvaise chose, mais ils ont été interprétés différemment à Uvira et par les Wazalendo. Après les pressions américaines, la montée en puissance des Hiboux et le soutien des groupes Wazalendo, les combattants du M23 se sont partiellement retirés de la ville d’Uvira pour se redéployer dans le territoire d’Uvira, où ils n’avaient pas de positions, et ont installé leur centre névralgique à Kamanyola et Luvungi, dans une perspective de géographie militaire. Par ailleurs, des exactions ont été commises à Uvira, et des actes de criminalité urbaine ont été perpétrés par des Wazalendo et d’autres criminels lors de la reprise de la ville. Ces actes n’ont pas été appréciés par la population, qui ne réclamait que la paix et la quiétude. Outre le déploiement des « Hiboux » et le retour des unités des FARDC et de la FDNB, les Wazalendo ont été invités à se déployer sur les terrains d’opération des Hauts et des Moyens plateaux afin d’endiguer l’AFC/M23 sur les lignes de front. Si certains ont obtempéré, d’autres n’ont pas bien assimilé cette consigne. Par ailleurs, pour encourager les soldats sur les théâtres d’opérations, Kinshasa a offert une prime de 325 dollars américains par combattant enrôlé dans sein des équipes de la RAD. Bien que de nombreuses personnes mentionnent cette institution sans en être officiellement membres, cette mesure a été saluée. Cependant, dans une note lue par Nuru-Afrika, la coalition FDCC dénonce la mauvaise gestion de 700 000 dollars américains ainsi que des fonds alloués mensuellement aux Wazalendo dans le Sud-Kivu. Comment expliquer alors les tensions entre le gouverneur et la coalition FDCC/APC, alors que celle-ci a été interpellée à Kinshasa par son ministère de tutelle, dans un contexte de motion de censure à son encontre ? « Au prix de leur vie ! Sous-estimer le sacrifice suprême des groupes armés pro-gouvernementaux. La Force pour la défense des compatriotes au Congo (Armée populaire du Congo, FDCC/APC), créée en 2017 par son général autoproclamé, Justin Kakobanya Nakalmbi, existe à ce jour. C’est suite à des assassinats de chefs locaux et notables Nyindu, d’abord le notable feu Kawaza Nyakwana Robert, puis Zakayo, dans les hauts plateaux de Fizi, par feu le colonel Semahurungure Kimasi (ancien leader du groupe armé Gumino), ainsi que les massacres perpétrés dans les villages où ils vivaient avec les Banyamulenge, qu’ils ont décidé de défendre et protéger leurs familles (frères et sœurs tués et chassés de leurs villages par le combattants du groupe Banyamulenge Gumino et récemment MRDP/Twirwaneho). Si certains ont été déplacés de force à l’intérieur du pays, d’autres se sont réfugiés et d’autres encore se trouvent dans des situations précaires. Les FDCC/APC ont alors commencé à faire partie de la coalition FPDC/ML, dirigée par le feu général Kibukila Kitungano wa Seba (Ebuela) (actuellement Bolingo Mutetezi), dans laquelle Justin Kakobanya Nakalambi était chargé des opérations militaires. Entre 2024 et 2025, face aux accusations de collusion entre des proches d’Ebuela et le M23, notamment Microbe Nyamachabu (arrêté à Kinshasa), le FDCC a décidé de quitter la coalition pour agir seul dans ses zones opérationnelles, à savoir les hauts plateaux de Fizi et de Mwenga. Le groupe comprend une branche militaire et politique dirigée par M. Prince Kasikuza Ndengesi. Majoritairement composé de combattants banyindu, il comprend également d’autres groupes ethniques. Ce groupe vise à assurer la sécurité de ses compatriotes, à défendre les terres de leurs ancêtres et à mettre fin aux combats d’occupation comme à la résistance. Justin Kakobanya Nakalambi ne souhaite pas chasser les Banyamulenge, mais il entend également faire la lumière sur les massacres de nombreux Banyindu perpétrés par ces derniers, et défendre l’État congolais dans ses territoires. Dans cette lettre précitée, Kasikuza Ndegesi fustige le fait que leurs combattants se sont battus au prix de leur vie, de leur famille et de leur village, sans que le gouverneur ne reconnaisse publiquement ces sacrifices ni ne les encourage. Si ces jeunes et ces vieux ont effectivement perdu leur famille, nombreux sont ceux qui ont sacrifié leur vie alors que les Hiboux ou les FARDC étaient malmenés par les
