Contexte
Entre 2016-2017, les tensions ont opposé les FDLR/Foca au Nord et Sud-Kivu au point que des ralliements se sont dessinés. Commandant en chef des FDLR, Sylvestre Mudacumura (alias Mupenzi Bernard) s’est opposé à Wilson Irategeka (Lumbago) avec comme casus belli, le retour au Rwanda et de l’enregistrement biométrique des réfugiés (les dépendants) ainsi que des rapports internes entre eux. En même temps, les factions des sociétés civiles Rwandaises qui se sont créés au Nord-Kivu, se sont fragilisées. Alors qu’ils venaient de faire l’offre de la paix à Buleusaet Rusamambo, d’autres FDLR du secteur Sud-Kivu, s’étaient rendus à Walungu-centre, alors que d’autres étaient dans le camps de Kanyabayonga, avaient fini par être renvoyés à Kisangani puis au Rwanda. Après l’arrestation en interne de Ladislas Ntaganzwa, suivi de la fuite du Colonel Ghandi, les FDLR/Foca étaient dans les viseurs des FARDC. L’armée congolaise voulait éliminer ses leaders et imploser leurs groupes (FDLR/Foca). Ainsi, des oppositions entre proxies avaient été évidentes. Les groupes CMC de Dominique Ndaruhutse pro-FDLR/Foca alors que John Love (Nyatura) était proche de Wilson Irategeka, le CNRD. Les FARDC avaient laissé la dissidence CNRD car elle leur servait de sous-traitance des renseignements contre feu Sylvestre Mudacumura.
Jusqu’en 2018, avec les élections en RD Congo et le changement du régime qui avait consacré l’avènement du Président Felix-Antoine Tshisekedi à la présidence de la RD Congo, ces facilités étaient observées. Par ailleurs, les rapprochements du Président Tshisekedi et le Rwanda ont été motivés par sa politique de proximité, par conséquent, les FARDC avaient engagé des opérations militaires contre les combattants des FDLR/Foca par après. Concomitamment, elles se retournaient contre les CNRD en parallèle avec des attaques du NDC-R envers les positions FDLR /Foca. Finalement, les combattants CNRD se sont déplacés dans le territoire de Kalehe avant qu’ils y soient délogés en novembre 2019 par des opérations militaires de grande envergure. Entre 2019-2020, des opérations militaires ont été lancées dans ces zones afin d’imploser le camps de rassemblement des FDLR à Bibatama.
Si certains ont été contraints de retourner au Nord-Kivu, d’autres se sont dirigés dans les Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB), d’autres encore se sont confondus aux habitants à Kalehe (Shanje, Chambombo etc.). Pendant qu’ils étaient localisés à Bibatama, les combattants CNRD, précédemment basés dans le secteur d’Itombwe (Lwindi) et ceux du secteur Hewa Bora avaient traversé le PNKB à leur rencontre. Sachant que les opérations militaires étaient imminentes au point que des sources militaires et de la MONUSCO avaient rapporté la mort de « Lumbago », pendant que les autres avaient progressé vers Itombwe forêt. S’ils ont longtemps interagit avec des communautés locales, les opérations militaires les ont propulsés vers Fizi y compris leurs dépendants. S’étant retranchés dans les limites du territoire de Fizi et Kabambare, d’autres ont été vus au sein du groupement Basimimbi. Malgré qu’ils soient si éloignés, nombreux gardent contacts avec la commission nationale pour les réfugiés (CNR) pour plusieurs motivations. Si cette commission pour les réfugiés mentionne les statistiques de plus 523 365 réfugiés présents au Congo, en ce qui concerne les réfugiés au Sud-Kivu, le nombre de 16.000 serait confirmé, y compris leurs « protecteurs » (Combattants CNRD).
- Opposition intra-CNRD
Entre 2016-2017, la scission avait été consommée et la majeure partie des FDLR du Sud-Kivu avait rejoint le camp de Laurent Ndajigimana (Aka Wilson Irategeka). Le CNRD/FLN avait deux zones de contrôle au Nord-Kivu et avait réussi à convaincre ceux du Sud-Kivu à les rejoindre. La dissidence avait été conduite par les colonels Harerimana Hamada (Aka Mulamba Junior) et Antoine Hakizimana Jeva (Général Jeva Antoine). Si des tensions de leurs alliances internes n’ont pas été gérées, certaines sources rapportent que Général Antoine Jeva avait été approché par les Burundais et serait localisé dans le Kibira (Burundi). À la mort de Wilson Irategeka, le groupe avait connu une dissidence et des oppositions transgénérationnelles au sein des réfugiés et combattants rwandais. Souvent localisés à Fizi, (Hewa-Bora, Basimimbi), les combattants du CNRD/FLN ont vécu des moments de tension interne et de resserrement spectaculaire y compris des rapprochements avec les groupes armés locaux. Ils ont été au centre de la violence et des activités de production locale en temps de paix. En 2020, des alertes mentionnaient le déplacement forcé des populations à Lulenge. En groupement Basimimbi, des affrontements entre deux factions CNRD/FLN avaient contraint 4500menages à se déplacer vers le centre de Kilembwe alors que d’autres se sont rendus ailleurs.
Par ailleurs, si les vieux combattants et des dépendants qui obéissent à Harerimana Hamada s’opposaient au Général autoproclamé Théophile Barihenda, plutôt suivi par la jeunesse, le rapprochement entre des combattants de la CNPSC et la FDNB n’a pas joué en leur faveur. Alors que la situation perdurait, les projecteurs ne sont tournés que vers le Nord-Kivu pendant qu’au Sud-Kivu les conflits s’enchevêtrent et risquent d’embrasser la zone. Dans la même entité, les combatants CNPSC se sont affrontésaux forces d’autodéfenses Biloze Bishambuke (FABB) de Delphin Kalembe (Ngoma Nzito) à cause de son rapprochement à des RED-Tabara. En plus, les Twirwaneho (Banyamulenge) s’affrontaient récurremment aux FABB bien que la cité de Kilembwe (Chef-lieu de secteur de Lulenge) soit localisée à une semaine de marche de Madegu (Minembwe-centre).
2. Alertes Twirwaneho, démenti FDNB et accusations du CNRD/FLN
Le 22 novembre 2022 Kamasa Ndakiza Welcome lançait une alerte à travers un communiqué de Twirwaneho. Il alertait sur le risque de genocide et la présence des dépendants Rwandais reconnus officiellement par l’UNHCR et la CNR comme des réfugiés, les qualifiant tous des FDLR. Il interpellait aussi le Burundi à ne pas rentrer dans les guerres interethniques car il portera les responsabilité de l’épuration ethnique des Banyamulenge à Rurambo.Avant, le communiqué de Saint Cadet Ruvuzangoma alertait sur la présence des réfugiés et combattants CNRD à Masango pourtant ceux-ci n’y sont pas arrivés. Des réactions ont suivi ces alertes manipulateurs. La première était celle de la présidence du CNRD-UBWIYUNGE/FLN. Dans un communiqué, Monsieur David Edi Niyomukiza traitait Kamasa Ndakize Welcome, le coordonnateur des Twirwaneho, de menteur tout en accusant leurs forces d’être à la solde du FPR et les mettant en garde contre l’extermination des réfugiés Rwandais épuisés par les forêts congolaises. En plus, les réfugiés Rwandais et les combattants CNRD/FLN ne répondent pas à Hamadamais au Général Théophile Barihenda.
Néanmoins, le 23 novembre 2024, le Général de Brigade Gaspard Baratuza de la FDNB, apportait le démenti formel contre les communiqués des Twirwaneho. Le Général Burundais y condamne, avec la dernière énergie, les accusations gratuites et mensongères les impliquant dans les conflits locaux. Enfin, c’est le démenti d’un groupe d’autodefense locale basé dans la chefferie de Bafuliiru. Pour eux, les Twirwaneho ne sont pas à Rurambo, c’est plutôt leur commandant Lwaboshi Kihaihai qui contrôle ce village présentement. Il rajoute que d’autres communautés craignent la présence des réfugiés Rwandais et des combattants du CNRD. Par contre, il confirmait à notre entretien que des Banyamulenge sont visibles à Kitoga, pourtant les CNRD y résidaient effectivement.
3. Récents développements et attestations de réfugiés
Ayant été au courant du déplacement des RED-Tabara dans les Hauts plateaux et leurs mouvements, les militaires de la FDNB se sont déplacés vers les secteurs de Tanganyika et du Mutambala pour se retrouver dans la ville de Baraka, ensuite progresser dans le secteur de Lulenge et Itombwe. Le renforcements militaires Burundais et la présence de fait des combattants de la CNPSC ont contraint les RED-Tabara au déplacement dans le groupement Basimunyaka-Sud. Primo, s’il est difficile de soutenir que les CNRD/FLN se sont redéployés dans le territoire d’Uvira alors que des fragmentations des groupes armés sont si prononcées avec l’avènement de la RAD, le degré d’opportunité que celle-ci accorderait est largement méconnu. Sachant que deux sources différentes ont attesté la présence d’un groupe de combattants CNRD qui serait venu rencontrer le Général autoproclamé Mafikiri Katare Muganguzi (alias Rushaba) des FARDP, l’objectif serait de lui proposer de réunir leurs efforts dans la traque des RED-Tabara. En interne du FARDP, l’information est confirmée malgré que Rushaba aurait signifié que les Burundais du TAFOCet les FARDC sont si forts pour traquer les RED-Tabara. Alors que les tensions entre deux groupes armés ancrés chez les Bafuliru ont été ouvertes (Ilunga Rusesema et FARDP), Katare Muganguzi, le commandant des FARDP aurait des liens avec les Gumino de Shaka Nyamusaraba. Ainsi, pareille présence est cruciale et devrait requérir son avis y compris celui de la FDNB qui est présente à Magunda, Masango et Malimba.
Secundo, la présence des réfugiés Rwandais à Kitoga avait plusieurs finalités. Notre angle a choisi une finalité pratique qui concerne les femmes et enfants qui dépendent des combattants et des Seigneurs de guerre Rwandais. Près de cinq cents personnes sont confrontés à un risque d’apatridie car leurs attestions de réfugié ont expiré depuis le mois de novembre 2024. Les homogénéiser tous comme des combattants et des génocidaires ne facilite pas la prise en compte de la vulnérabilité des enfants et femmes qui sont d’ailleurs les plus nombreux. Et pourtant les services congolais (dans la territoire d’Uvira et de la chefferie), aient été approchés pour parler de la précarité et l’actualisation desdites attestions. Si la CNR reconnait ces limites, elle les avait renouvelées. La seule limite est celle de finaliser les processus de production et comment les expédier auprès des réfugiés rwandais basé à Fizi et à Uvira comme ceux qui sont localisés dans le terrioire de Kalehe.
Conclusion
Entre 2016-2017, une opposition s’est manifesté au sein des FDLR/Foca et avait fragmenté ce groupe armé étrangers en deux faction : FDLR/Foca et la CNRD. La faction CNRD avait été sous-traité par les FARDC afin d’atteindre le leader tant recherché Sylvestre Mudacumura .C’est ainsi que les rapports , ayant été changé et que le Président Tshisekedi s’étant rapproché de Kigali, les operations militaires conjointes FARDC, et forces spéciales Rwandaises finiraient par neutraliser Sylvestre Mudacumura. Concomitamment, les FARDC commenceront la traque contre les CNRD au point de les chasser de Masisi, Rutshuru vers le territoire de Kalehe (Sud-Kivu). En 2020, des opérations militaires les ont implosés et avaient permis de capturer certaines d’entre eux que la MONUSCO et les FARDC avaient rapatrié au Rwanda à partir de la frontière Ruzizi 1er. Bien que ceux qui étaient dans les chefferies de Luhwindja, de Lwindi et dans le secteur d’Itombwe se soient éloignés vers le territoire de Fizi, ils se sont réorganisés malgré leurs disputes internes. S’étant affrontés entre eux, l’on a observé le mouvement des femmes, enfants et des combattants venir de Kilembwe (Hewa-Bora) vers la destination de Kitoga, dans la chefferie de Bafuliru, groupement de Kigoma. Des Banyamulenge ont alors alerté et fétichisé le danger du génocide alors que certains de leurs milices avaient collaboré avec des réfugiés Rwandais et des combattants de la branche armée CNRD/FLN, car ils les ont reçus à Kitoga. Il est vrai que cette présence pose des problèmes et repolitise les discours des acteurs nationaux et régionaux autant dans les dynamiques sécuritaires locales qu’avec le processus actuel de Luanda.
L’envoyé spécial de l’UE dans la région de Grands Lacs, l’OIM ainsi que le Mécanisme de vérification Adhoc Renforcé (MVA-R) devraient traiter la question sans sentimentalisme. D’abord, il faut considérer l’alerte lancée par les Banyamulenge sans l’exagérer, ensuite prendre au même titre les craintes d’affrontements et les risques des déplacements internes forcés des populations Bafuliru, Banyindu et réfugiés Rwandais qui habitent ces zones si et seulement si les Twirwaneho décidaient d’affronter les CNRD /FLN ou les FARDC. Le HCR, la CNR et d’autres agences Humanitaires devraient intervenir au profit des personnes vulnérables car parmi les réfugiés Rwandais des morts sont comptés. Leurs conditions d’inhumation laissent à désirer au-delà des risques des épidémies de toutes sortes. Par ailleurs, la chefferie des Bafuliru et les autodéfenses locales avaient décidé de persuader les Colonels CNRD/FLN à quitter leur entité pour éviter que les Rwandais s’en servent comme prétexte. Il est important de noter que les combattants CNRD / FLN se sont repliés vers le terrioire de Mwenga, chefferie de Lwindi alors que certaines femmes et enfants sont restés en attendant l’issue de l’actualisation de leurs attestations de réfugié et des perspectives d’assistance humanitaire.
Références
- AFP. « RDC : reddition de 83 rebelles des FDLR dans l’Est ». JeuneAfrique.com, 28 décembre 2014.
- CNR. « Statistiques mensuelles des réfugiés et demandeurs d’asile-30 septembre 2024 ». Cnr (blog), 30 septembre 2024.
- Edi Niyonzima, David, Eric Munyemana, Fidele Igiraneza, et Antoine Général Jeva. « Projet progressiste de gouvernance démocratique du Rwanda ». Site politique CNRD-FLN. Consulté le 24 novembre 2024.
- Hategekimana, Claude. « BURUNDI/Cibitoke: Des Rebelles Du CNRD-FLN Tués Au Cachot Du Service Des Renseignements ». Rwanda Tribune (blog), 3 septembre 2023.
- IGIHE. « Le Général Wilson Irategeka des FLN et CNRD meurt dans une embuscade des FARDC ». IGIHE, 20 janvier 2020. –
- Msemaji wa Generali Yakutumba (CNPSC) aongeleya RED – Tabara ni waasi wa Rundi Kabisa, 2024. https://www.youtube.com/watch?v=IXMeSSPsDgc.
- Mwamba, Justin. « Sud-Kivu : les FARDC récupèrent plusieurs localités jadis occupées par les CNRD à Kahele ». Actualite.cd, 27 novembre 2019.
- Radio Okapi. « Fizi: environ 500 ménages de déplacés en détresse à Lulenge ». Radio Okapi, 26 septembre 2022.
- ———. « Sud-Kivu : environ 4500 ménages déplacés signalés en une semaine dans le territoire de Fizi ». Radio Okapi, 24 avril 2024.

