Tensions entre délégués de la Présidence et les groupes armés en 2022 : Quand la méthode de médiation fragilise la paix — et ce que cela dit de la situation actuelle
Tensions entre délégués de la Présidence et les groupes armés en 2022 : Quand la méthode de médiation fragilise la paix — et ce que cela dit de la situation actuelle
Résumé
Pourquoi les pourparlers entre les groupes armés congolais et les représentants de la présidence congolaise, sous la médiation du professeur Serge Tshibangu, l’ex-haut représentant et représentant personnel du chef de l’État congolais en 2022, se sont-ils prolongés et ont-ils été préoccupants ? Cette analyse est accompagnée d’une évaluation de leurs limites, des facteurs de blocage et d’incompréhension, ainsi que des solutions aux obstacles rencontrés. Pendant que les délégués de la présidence établissaient des contacts avec les groupes armés, les pourparlers se déroulaient dans un climat de tension. Bien que les dialogues aient abouti à un « accord de cessez-le-feu » immédiat et inconditionnel, selon M. Tshibangu, des groupes armés ont exprimé des réserves, ce qui contredit ses propres propos. Ce billet de blog examine les raisons pour lesquelles les pourparlers ont traîné en longueur et se sont révélés intimidants, ainsi que pourquoi Serge Tshibangu était considéré comme une figure intimidante. Dans quelle mesure les conflits internes au sein de l’entourage immédiat du président Félix Antoine Tshisekedi, ou « guerres de palais », ont-ils influé sur le processus de négociation avec les groupes armés à l’est du Congo ? Ce billet est subdivisé en cinq sections. La première analyse porte sur l’offre de discussions et les menaces, la deuxième sur la guerre des palais, tandis que la troisième présente des options de négociation précoces et moins structurées sur le terrain. La quatrième section décrypte les postures arrogantes de Serge Tshibangu, qui ont précédé sa délégitimation, et la cinquième explore les erreurs tactiques et les dérapages stratégiques, pour finalement démontrer le lien entre ces options de 2022 et les options actuelles.
Finalement, l’auteur constate des erreurs tactiques ayant conduit à des dérapages qui perdurent à ce jour dans la stratégie globale de réponse aux crises comme celle de l’AFC/M23. Dans sa réflexion, il souligne les leçons opérationnelles suivantes pour aider les politiques à rectifier leurs démarches ultérieures : Premièrement, il faut être capable de ne jamais confondre la communication et la résolution. Ceci implique qu’annoncer des choses n’est pas synonyme de remplacer les négociations ou le dialogue dans ces contextes. Deuxièmement, il faut préserver la diplomatie de la discrétion, tout en établissant une chaîne de coordination claire pour éviter les contradictions, et traiter la confiance comme une ressource stratégique. Si la médiation est perçue comme intimidante, elle détruit l’espace de négociation. Moralité : Doha fait dialoguer les représentants de Kinshasa et les rebelles de l’AFC/M23, même si les autres groupes armés locaux n’y ont pas été associés, et que les rebelles de l’AFC/M23 ont dénoncé l’absence de mandat des représentants du pouvoir central congolais.